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Insuffisance rénale et assurance emprunteur : ce qu'il faut savoir

3 millions de Français touchés par une maladie rénale chronique. La situation côté assurance dépend entièrement du stade. Voici l'arbre décisionnel.

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Insuffisance rénale et assurance emprunteur

L'insuffisance rénale chronique touche environ 3 millions de Français (Inserm), dont 90 000 au stade terminal (50 000 en dialyse + 40 000 greffés). C'est l'une des maladies chroniques les plus fréquentes — et l'évaluation par l'assureur dépend entièrement du stade KDIGO.

  • Stade 1-2 (DFG ≥ 60) — Impact modéré, surprime 25-75 %, garanties accessibles.
  • Stade 3 (DFG 30-59) — Tournant : surprime 75-200 %, ITT souvent exclue.
  • Stade 4-5 / dialyse — AERAS niveau 3 quasi-systématique, refus fréquent.
  • Pas de droit à l'oubli — Réservé aux cancers/hépatite C, l'IR doit être déclarée à vie.
Insuffisance rénale et impact sur l'assurance emprunteur

Les leviers pour les emprunteurs avec IR

Plusieurs dispositifs facilitent l'accès à l'assurance emprunteur selon le stade de votre IR.

Convention AERAS

Examen en 3 niveaux et écrêtement TAEG (1,4 point max) pour les revenus modestes.

Loi Lemoine

Prêt ≤ 200 000 € remboursé avant 60 ans : aucun questionnaire, votre IR n'a pas à être déclarée.

Délégation d'assurance

Changer d'assureur pour trouver un contrat avec ITT partielle au lieu d'exclusion totale.

Co-emprunteur 100/0

Si stade 4-5 ou dialyse : quotité 100 % sur conjoint sain, solution alternative quand AERAS refuse.

Insuffisance rénale : impact par stade

L'évaluation côté assurance dépend entièrement du stade KDIGO. Voici les conditions indicatives.

IR débutante (stade 1-2)

L'IR débutante (DFG ≥ 60 ml/min) avec atteinte rénale documentée (protéinurie, hématurie) a un impact assurance modéré. La majorité des garanties restent accessibles avec une surprime limitée à 25-75 % sur la garantie décès.

DFG : ≥ 60 ml/min Surprime décès : 25-75 % ITT : Accessible

IR modérée (stade 3)

L'IR modérée (DFG 30-59 ml/min) marque un tournant. L'assureur évalue plus strictement la cause sous-jacente (diabète, HTA, polykystose) et l'évolution. Surprime 75-200 %, ITT souvent exclue, PTIA limitée.

DFG : 30-59 ml/min Surprime décès : 75-200 % ITT : Exclue souvent

IR sévère & terminale (stade 4-5)

L'IR sévère (DFG < 30 ml/min) et l'IR terminale (dialyse) sont les profils les plus difficiles. AERAS niveau 3 quasi-systématique. Refus fréquent. Alternatives : co-emprunteur 100/0, caution alternative, prêt sous Lemoine.

DFG : < 30 ml/min Surprime décès : 200 % ou refus AERAS : Niveau 3
Trouver une assurance adaptée à ma situation

Surprime IR selon le stade

Données indicatives variant selon le DFG, la cause de l'IR et les comorbidités associées.

Stade KDIGO Surprime décès Garantie ITT Critères évalués
Stade 1 (atteinte rénale, DFG > 90)25-50 %AccordéeCause sous-jacente, protéinurie
Stade 2 (DFG 60-89)25-75 %AccordéeStabilité, évolution
Stade 3a (DFG 45-59)75-125 %LimitéeCause, comorbidités
Stade 3b (DFG 30-44)100-200 %Exclue souventProgression, traitement
Stade 4 (DFG 15-29)150-300 %RefusAERAS niveau 2-3
Stade 5 / dialyseRefus / AERAS N3RefusCaution alternative
Post-greffe rénale150-250 %ExclueVoir page greffe d'organe

Tarifs indicatifs. Seul un devis personnalisé engage l'assureur.

Les étapes pour emprunter avec une IR

Un parcours structuré pour maximiser vos chances selon votre stade KDIGO.

Étape 1

Documentez votre suivi néphrologique

Lettre néphrologue, dernier bilan rénal (DFG, créatinine, urée), protéinurie/24h, échographie rénale, cause sous-jacente identifiée.

Étape 2

Évaluez le stade et la stabilité

Stade 1-2 vs 3 vs 4-5 — c'est le critère central. Documentez la stabilité du DFG sur 12-24 mois pour rassurer l'assureur.

Étape 3

Vérifiez la loi Lemoine

Prêt inférieur à 200 000 euros et terme avant 60 ans : aucun questionnaire de santé requis, levier extrêmement favorable.

Étape 4

Sollicitez un courtier spécialisé

Les assureurs évaluent l'IR très différemment. Un courtier risques aggravés identifie les compagnies les plus souples par stade.

Étape 5

Activez AERAS si surprime excessive

L'examen AERAS en 3 niveaux et l'écrêtement TAEG (1,4 point max) protègent contre les surprimes abusives.

Vous avez une insuffisance rénale ?

Nos courtiers spécialisés connaissent les assureurs les plus souples par stade KDIGO. Comparez gratuitement.

Questions fréquentes

Oui, mais les conditions dépendent entièrement du stade. Une IR débutante (stade 1-2) entraîne une surprime modérée (25-75 %). Une IR modérée (stade 3) demande un examen AERAS plus approfondi. Une IR sévère ou terminale (stade 4-5, dialyse) nécessite AERAS niveau 3, avec des refus fréquents même à ce niveau.
Au stade 3 (DFG 30-59 ml/min), la surprime moyenne sur la garantie décès se situe entre 75 et 200 %, selon le DFG précis, la cause de l'IR (diabète, HTA, polykystose), la stabilité et les comorbidités. L'ITT est souvent exclue. Stade 3a (DFG 45-59) reste plus favorable que stade 3b (DFG 30-44).
Dans la grande majorité des cas, oui, du moins au niveau 1 et 2 AERAS. La dialyse implique un pronostic vital engagé, une dépendance médicale lourde et un risque de complications. AERAS niveau 3 reste le recours. Si refus N3, les alternatives sont : co-emprunteur sain en quotité 100/0, caution Crédit Logement, hypothèque, ou réduction de capital sous le plafond Lemoine (200 k€).
Oui, la déclaration est obligatoire dès qu'une atteinte rénale est documentée (protéinurie, hématurie, anomalie échographique) même avec DFG normal (article L113-2). En pratique, une IR stade 1 isolée a un impact minime à nul sur le dossier, mais l'omission expose à la nullité du contrat en cas de sinistre.
Non. Le droit à l'oubli est strictement réservé aux cancers et à l'hépatite C guéris depuis 5 ans (loi Lemoine 2022). L'IR, étant une maladie chronique progressive, n'est pas concernée. La déclaration reste obligatoire à vie, même pour une IR ancienne avec DFG stabilisé.
Oui, sous les conditions standard : capital ≤ 200 000 € par personne et terme du prêt avant 60 ans. C'est un levier majeur pour les jeunes patients avec IR — exemple : 35 ans, IR stade 3 stable, prêt 180 k€ sur 22 ans = pas de questionnaire de santé requis.
L'ALD-30 (Affection Longue Durée) est neutre côté assureur. Elle traduit une prise en charge sociale (100 % Sécu sur les soins liés à l'IR), mais ne change pas l'évaluation médicale de votre dossier. L'assureur s'intéresse aux paramètres cliniques (DFG, protéinurie, cause) plutôt qu'au statut administratif ALD.
Oui, c'est un cumul fréquent. La néphropathie diabétique (cause #1 d'IR en France) cumule diabète + IR. L'évaluation porte sur le contrôle glycémique (HbA1c), le DFG actuel et la rapidité d'évolution. La surprime peut être significativement plus élevée qu'une IR isolée de même stade.
La polykystose rénale autosomique dominante (PKD) est une maladie génétique avec 50 % de transmission. Pour l'emprunteur lui-même, l'évaluation porte sur le DFG actuel et le rythme de progression (rapide = défavorable). Pour les enfants/famille, l'assureur ne discrimine pas légalement sur la base génétique sans test positif ET diagnostic clinique.
Oui, c'est juridiquement possible et souvent la solution finale pour les IR sévères. Le conjoint sain assure 100 % du capital, l'IR 0 %. Risque : en cas de décès de l'IR, l'assurance ne joue pas. À discuter en couple, idéalement avec un conseiller patrimonial. Alternative complémentaire : assurance temporaire décès individuelle hors prêt.